PDDM Italie: licence en sciences religieuses de Sr M. Lucia Filosa



Le 15 juin 2012, Sr M. Lucia Filosa de la Province Italie a obtenu sa licence en sciences religieuses (lauréat magistral) à l’Université pontifical Saint Thomas d’Aquin (Angelicum) avec la thèse : Les relations interpersonnelles dans les communautés religieuses.

Le thème des relations dans les communautés religieuses n’est certainement pas un sujet original et encore moins totalement facile. On a beaucoup écrit et dit sur la question, avec les risques typiques des situations d’abondance. Et pourtant le thème est vivant : dans les chapitres provinciaux ou généraux, il reste une question du moment; dans les réunions des supérieurs généraux et des formateurs, on continue à discuter de cette réalité si simple et pourtant mystérieuse, si facile et difficile qu’est la relation interpersonnelle; nous voudrions comprendre de plus en plus comment devenir davantage des sœurs qui vivent et grandissent ensemble, malgré la fatigue quotidienne de communiquer et de faire communion.  Photos

Sr M. Lucia écrit :

L’exhortation post synodale, Vie consacrée, de Jean Paul II (1996) voit la vie consacrée comme un signe de communion de l’Église et elle dédie sa partie centrale à l’analyse de la fraternité religieuse.

Il est impossible d’analyser le problème lié à la vie ensemble au nom du Seigneur crucifié et ressuscité sans avoir d’abord défini la nature et la finalité d’un projet de consécration, et cela, parce que la communauté n’est pas une fin à elle-même, mais elle existe en fonction de la réalisation des buts mêmes de la vie consacrée, ces buts que la réflexion théologique, éclairée par l’Esprit, souligne d’une manière significative. De plus, le sujet – communauté religieuse – est le thème classique interdisciplinaire qui exige un développement uni et complémentaire de deux points de vue : le typiquement théologique et le psychopédagogique. L’absence de respect de cette interdisciplinarité a toujours des effets dangereux parce qu’elle déplace l’attention de manière unilatérale et empêche la synthèse des deux aspects, en déséquilibrant le discours ou bien sur le versant spirituel-idéal ou bien sur le versant psychologique-terrestre.

Avec ce travail, j’ai désiré montrer combien la récupération, à différents niveaux, de la dimension relationnelle peut constituer un élément de nouveauté et de renouvellement, en général et en particulier, de la vie consacrée, spécialement si, et surtout, parce que la relation permet la mise en circulation du don de tous et de chacun : le partage. En effet, une communauté devient fraternité lorsqu’on passe de la relation au partage. J’ai aussi essayé de voir comment la relation peut devenir un lieu de formation et offrir la possibilité concrète d’une croissance du moi, dans la connaissance de soi et l’ouverture aux richesses de l’autre ainsi qu’à ses provocations multiples. Si nos communautés ne suscitent plus aucune stupeur et ne posent plus aucun interrogatif salutaire à ceux qui les approchent et les fréquentent, ça dépend peut-être du fait que la qualité de notre vie ensemble ne révèle rien d’extraordinaire et surtout ne révèle pas une Présence et un Amour qui nous unifient et nous transforment tous. Voulons-nous que nos communautés de vie consacrée soient la prophétie d’une humanité nouvelle?  Commençons par vivre une fraternité si authentique et intense qu’elle laisse transparaître un amour plus grand auquel tous puisent et dans lequel tous convergent!